Le diocèse d’Avignon a fêté dans la ferveur le 7ème centenaire de l’arrivée des papes

12 mars 2009

Alléluia Service n°998

Il revenait à Madame le Maire d’Avignon de recevoir dans sa ville le légat du pape, le cardinal Paul Poupard, président émérite du Conseil Pontifical de la Culture, ce qui fut fait le samedi 7 mars, en fin de matinée, dans la salle des fêtes de l’Hôtel de ville, en présence de notre archevêque et des diverses personnalités locales.

Madame Marie-Josée Roig évoqua avec passion l’histoire prestigieuse de cette ville qui doit une bonne part de son patrimoine et de son rayonnement international aux décennies de présence papale, à une époque où les Etats devaient se donner les moyens administratifs de leur gouvernement. Le cardinal Paul Poupard répondit avec talent par une belle page d’histoire, celle de l’Eglise qui, dans des temps extrêmement confus et difficiles, resta fidèle à sa mission. Mais, homme de culture, il ne manqua pas d’évoquer le festival d’Avignon et le rôle de Mgr Robert Chave pour y ouvrir et y maintenir, depuis 1947, le dialogue entre l’Eglise et les artistes. Puis ce fut, avant le vin d’honneur offert à une foule nombreuse, l’échange des cadeaux : la médaille de la ville au cardinal ; la médaille d’argent du pape Benoît XVI, à Madame le Maire, qui eut le plaisir d’offrir également une sélection de nos meilleurs vins, dont celui de la vigne des papes.

Dans l’après-midi du samedi, le professeur Jean Favier, de l’Institut, expliqua devant une salle archi-pleine les raisons de l’installation des “papes à Avignon”, cette expression désignant les papes toujours évêques de Rome, qui résidèrent dans notre ville, par opposition “aux papes d’Avignon” lors du schisme d’Occident (1378-1418), quand la chrétienté se trouva dramatiquement divisée en deux. L’historien médiéviste souligna l’importance du différend entre Philippe le Bel et la papauté à la suite de la bulle Unam sanctam signée par le défunt pape Boniface VIII, ordonnant à toute créature, y compris les rois et l’empereur, de se soumettre au souverain pontife…

Au lendemain de ces évocations historiennes, il y eut les deux rendez-vous proprement spirituels de la messe et des vêpres pontificales présidées par le cardinal légat. Selon la volonté du pape Benoît XVI, il était accompagné des chanoines Jean Philibert et Daniel Bréhier, et notre archevêque était à son côté. Il fut confié à Mgr Reyne, doyen du chapitre métropolitain et auteur avec le chanoine Bréhier d’un ouvrage historique sur la métropole Notre-Dame des Doms, de lire avant la messe et non sans émotion la lettre du pape au cardinal légat. Et ce fut l’occasion pour chacun, dans une cathédrale trop petite pour contenir des fidèles venus de tout le diocèse, de se nourrir du mystère de l’Eglise tout en le nourrissant de sa présence.

Ce mystère fut le thème de l’homélie de la messe, que le cardinal Poupard commença en citant le préambule de la constitution de Vatican II sur la Sainte Liturgie : “Il appartient en propre à [l’Eglise] d’être à la fois humaine et divine, visible et riche de réalités invisibles, fervente dans l’action et adonnée à la contemplation, présente dans le monde et cependant en chemin. Mais de telle sorte qu’en elle ce qui est humain est ordonné et soumis au divin ; ce qui est visible à l’invisible ; ce qui relève de l’action à la contemplation ; et ce qui est présent à la cité future que nous recherchons”. Puis ce fut, à partir de l’Évangile de Jean choisi pour la circonstance, le rappel que la tâche de paître le troupeau ne fut confiée à Pierre qu’après que, par trois fois et non sans en être “attristé”, il eut répondu à Jésus qu’il l’aimait, lui qui par trois fois l’avait renié.

L’après-midi, préparé par un beau concert à l’orgue doré, le temps fut de nouveau au recueillement et à la prière dans une cathédrale qui n’avait sans doute pas souvent eu l’occasion de contenir une telle foule pour des vêpres dominicales. Avant de donner la bénédiction apostolique au nom du pape Benoît XVI, le cardinal légat ne manqua pas de rappeler le vœu formulé par son mandataire “qu’à partir de ce souvenir ce siège illustre fleurisse à nouveau, avec l’encouragement de cette splendeur passée, dans les années à venir”.